mercredi 3 octobre 2012

La Chine au risque du piège malaisien


Infographie : F. Descheemaekere

[Les Echos]

[…] L'activité devrait progresser de près de 8 % cette année dans l'empire du Milieu alors qu'elle aura reculé dans la zone euro. En cinq ans, elle a bondi de plus de moitié là-bas alors qu'elle a stagné ici. Les entreprises chinoises créent plus d'un million d'emplois par mois, ce qui correspondrait à 50.000 emplois en France -un chiffre jamais observé dans son histoire. Et pourtant, l'activité ralentit fortement en Chine, davantage que ne l'indiquent ses chiffres de PIB.

 La production d'électricité ne progresse pratiquement plus. Le fret ferroviaire de marchandises recule. Jamais la Chine n'a connu croissance aussi faible depuis qu'elle s'est éveillée au début des années 1980. […] Depuis trente ans, Pékin avait réussi à trouver la voie d'une croissance phénoménale en agissant sur deux leviers : l'exportation et l'investissement. Dans son plan quinquennal arrêté l'an dernier, le gouvernement avait décidé de prendre le virage d'une croissance à l'américaine, tirée par la consommation. Un virage majeur, qui supposait un ralentissement pour éviter d'aller dans le décor. Mais deux gros problèmes compliquent singulièrement l'exécution du plan, comme l'explique l'économiste de Natixis Patrick Artus. Le premier est extérieur : la crise des pays développés, de l'Europe en particulier, pèse lourd sur les ventes à l'étranger. Les exportations, qui progressaient de 20 % l'an en 2010, sont désormais pratiquement à l'arrêt. Le deuxième problème est interne : les salaires sont allés trop vite.
Leur augmentation était bien sûr nécessaire pour stimuler les achats des ménages. Mais ils se sont emballés. Les entreprises ont donc perdu en compétitivité, sans produire pour l'instant les produits sophistiqués qui leur permettraient d'imposer leurs prix.

Lire : lesechos.fr
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