lundi 26 septembre 2011

Enquête : Quand la Chine juge la « vieille » Europe

Au Forum économique mondial de Dalian, il y a dix jours, l'échec économique et politique de l'Europe était sur toutes les lèvres. Et la Chine, pays hôte, semblait au plus haut de sa gloire.

Un monde nouveau. Bouillonnant d'idées, et se passant de mieux en mieux de l'Europe. Pour le visiteur occidental, difficile de se défaire de cette impression après le Forum économique mondial de Dalian, qui s'est tenu il y a dix jours dans le nord de la Chine. Un « Davos asiatique », où toute la planète émergente semblait s'être donné rendez-vous pour débattre de sujets balayant l'économie, la politique, les sciences, la culture et les arts. Mais, actualité oblige, c'était l'Europe qui occupait tous les esprits. Et c'est bien la capacité de ses leaders à résoudre une crise de plus en plus incontrôlable qui était mise en doute. Le plus frappant était probablement la franchise avec laquelle cette question était posée. Dans un pays où l'on a pour habitude de baisser d'un ton lorsque le sujet politique est abordé, plus personne ne prenait de pincettes pour exhorter les chefs d'Etat européens au courage et à l'action. Ainsi, George Yeo, ancien homme politique singapourien, a-t-il résumé l'opinion générale en estimant que l'Europe n'avait « aucun moyen d'échapper à de très douloureuses restructurations » avant d'avouer avoir peur que les réunions actuelles ne soient « qu'un moyen de repousser cette douleur ».
De son côté, Gordon Brown, l'ex-Premier ministre britannique, a eu des mots durs pour ses anciens pairs. « Le leadership politique n'a pas apporté de résultat à la crise parce qu'il regarde à l'intérieur de ses frontières », a-t-il tranché. Et d'appeler, comme la plupart des intervenants au cours de ces trois jours, à une réunion du G20 anticipée pour prendre au plus vite des décisions fortes, notamment en matière de rééquilibrage de la croissance mondiale. L'échéance de Cannes, au mois de novembre, semble bien loin par rapport au degré d'inquiétude actuel.
Lire dans lesechos.fr
Bookmark and Share

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire