Un seul pays vous manque, et tout est sacrifié. Voilà, pour paraphraser Lamartine, comment marche la zone euro. En un mot : mal. Laborieusement conclu le 21 juillet, l'accord destiné à mettre en œuvre un deuxième plan d'aide à la Grèce est menacé par la fronde d'un des dix-sept membres de l'union monétaire européenne : la Finlande. Elle compte pour moins de 2 % des ressources qui doivent être mises à la disposition d'Athènes, mais la Finlande peut tout faire capoter. Si elle obtient gain de cause, elle sera suivie par d'autres membres de la zone, et l'accord du 21 juillet sera vidé de sa substance.
mercredi 31 août 2011
Complot anti-euro? Non, divergence de regard
Eric Le Boucher est un des fondateurs de Slate.fr. Journaliste, chef de service, chroniqueur économique au journal Le Monde, il est depuis 2008 directeur de la rédaction d'Enjeux-Les Echos. Il est l'auteur d'«Economiquement incorrect».
La vision anglosaxonne, purement financière, parie sur un éclatement de la zone euro et celle européenne sur une victoire, comme toujours, de la volonté politique sur les obstacles économiques.
La vision anglosaxonne, purement financière, parie sur un éclatement de la zone euro et celle européenne sur une victoire, comme toujours, de la volonté politique sur les obstacles économiques.
Les banques européennes vont-elles bien ou vont-elles mal? Christine Lagarde tire la sonnet d’alarme au nom du FMI. Bruxelles répond que tout va bien. Qui a raison? Pourquoi cette divergence radicale de point de vue?
The French Revolution (here we go again)
The lovely Miss Puddy accompanied me to France this past June. We went to Normandy for a conference and then onto Paris for a week. Our daughter and her boyfriend met us in Paris and we encamped in an apartment one block NE of the Louvre. One day we all went to Versailles and toured the palace and the grounds. I tried to explain how it all came to be to my daughter. I showed her where the peasants stormed the palace and entered the queen’s bedroom. Can you imagine what the starving peasants of Paris must have thought upon seeing the excesses at the palace of Versailles? How exactly do you explain how one of the greatest powers in the world at the time arrived at that point?
Sûreté nucléaire: la France fait la leçon au monde
La France réclame des tests de sûreté mondiaux pour les centrales nucléaires mais rechigne à l'idée d'une agence européenne qui pourrait lui imposer ses critères. Au prétexte, chaque fois, de l’excellence technologique nationale. Pourtant le nombre d'incidents a doublé en dix ans. En matière de nucléaire, la France est, c'est bien simple, tout bonnement la meilleure. Vraiment. Tellement sûre de sa supériorité technologique qu'elle peut à la fois donner des leçons de vertu au monde entier et refuser la création d'une agence européenne de sûreté nucléaire.
mardi 30 août 2011
Japon : Dégradation de la note souveraine
L’agence de notation Moody’s a annoncé, hier, l’abaissement d’un cran à «Aa3 » de la dette à long terme du Japon ainsi que celle des principales banques. L’agence reproche au Japon son instabilité politique et son endettement massif.
Le renforcement de la BCE est inexorable
François Meunier, Professeur associé de finance à l'ENSAE
Dans une remarquable tribune du 18 août sur VoxEU, Paul de Grauwe notait l’étroite similitude entre le déroulement des crises bancaires et celui du marché de la dette des États au sein d’une zone monétaire. C’est une clé importante pour comprendre les responsabilités nouvelles de la BCE. Peu d’économistes et de régulateurs se doutaient, à l’origine du projet de la monnaie unique, qu’on mettait en place un enchaînement analogue et aussi dangereux sur le marché de la dette souveraine. Pourquoi ?
Crise de la dette - Faut-il craindre un complot américain contre l'Europe ?
Laurence Parisot a dénoncé une "orchestration" outre-Atlantique des difficultés européennes. Fantasme ou réalité ? Quelle mouche a piqué Laurence Parisot ? À l'écouter, la panique financière qui a secoué la France et l'Europe entière en août a été organisée... depuis New York. Après la dégradation de la note des États-Unis par l'agence de notation - américaine - Standard & Poor's, "les Américains ont sans doute voulu [...] repasser le mistigri à l'Europe. On a assisté à une sorte de guerre psychologique et à une tentative de déstabilisation de la zone euro. Les marchés ont surréagi, étant par nature très sensibles aux rumeurs, même organisées", lâche la présidente du Medef, dans une interview au Figaro.
Lettre à un ami allemand
par Jean Matouk, professeur des universités, Economie
Mon cher Gunther,
Je suis né juste avant la guerre de 39-45. Je n'en ai donc que quelques vagues souvenirs de descente dans une cave et du retour de captivité de mon père. Aucune rancoeur anti-allemande issue de cette période ! Au contraire ! Il se trouve que j'ai eu l'opportunité de travailler, jeune, dés 1956, aux Pays-Bas puis en Allemagne, comme ouvrier, en usine, puis chez un artisan à Mönchen Gladbach. J'y ai appris votre belle langue. J'y ai même passé un CAP. J'ai été heureux dans ces deux postes. Nous travaillions à l'époque 40 heures par semaine et le samedi matin, mais, déjà, pour moi, les rapports sociaux de ces deux pays étaient des modèles, que j'aurais voulu voir transposés en France.
Il faut briser le cercle vicieux du déclin de l'Union européenne
par Mark Leonard, directeur de l'European Council on Foreign Relations
Rendons-nous à l'évidence : aujourd'hui, les marchés internationaux ne misent pas contre l'euro. Ce qu'ils mettent à l'épreuve, c'est la viabilité du projet européen lui-même. Mardi 16 août, la rencontre franco-allemande a rappelé qu'à force de prescrire des placebos (et en refusant notamment d'envisager l'émission d'euro-obligations), nos dirigeants politiques ont perdu toute crédibilité. Les propositions Merkel-Sarkozy ne sont qu'un pansement de plus destiné à camoufler les désaccords au sein du principal tandem politique européen. Elles se contentent de temporiser, de traiter les symptômes, sans véritablement remédier aux défauts structurels de l'Union européenne (UE).
Le règlement REACH bientôt révisé
Cinq ans après son adoption, la Commission s'apprête à revoir ce règlement controversé qui oblige les fabricants de produits chimique à prouver que leurs produits ne sont pas dangereux pour les consommateurs. La négociation du règlement REACH (enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des produits chimiques), finalement adopté en 2006, a donné lieu à l'un des plus grands bras de fer entre lobbies de l'histoire de l'UE. Cinq ans plus tard, la Commission européenne s'apprête à revoir cette législation controversée, qui visait à protéger les consommateurs et l'environnement des effets nocifs des produits chimiques toxiques.
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