jeudi 14 juin 2012
L'Europe en quête d'un sursaut fédéral
[Coulisses de Bruxelles]
Jean Quatremer, auteur du blog "Coulisses de Bruxelles, UE", correspondant de Libération à Bruxelles depuis plus de vingt ans, l’un des meilleurs spécialistes de l’UE dans la presse internationale, jette un regard europhile et sans concessions sur l'UE et ses acteurs.
«Le projet européen a toujours progressé selon la méthode des petits pas. Mais aujourd’hui, il nous faut un très grand pas en avant. Soit l’Europe le fait, soit elle risque l’éclatement.» Cette harangue du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, publiée hier en une du Financial Times, résume le dilemme à trancher par les Vingt-Sept. Après trois ans de crise et de tergiversations, la fenêtre de tir devient de plus en plus étroite, Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), estimait même lundi, sur CNN, qu’il reste «moins de trois mois» pour agir. «La zone euro doit accélérer son intégration afin d’enfoncer dans le crâne des marchés que la monnaie unique est irréversible et que nous ferons tout pour la défendre», martèle-t-on à la Commission.
L’Allemagne menace l’Europe, encore une fois
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| Infographie : François Descheemaekere |
[International Herald Tribune]
Stubborn, domineering, downright unfriendly. All the old stereotypes about the Germans are rising to the surface as frustration grows over their refusal to sign what they regard as a blank check to their less disciplined European neighbors. It seems only fair to add resilient to the list. It is hard not to admire Chancellor Angela Merkel’s stolid refusal to adopt policies she opposes in the face of growing pressure from partners and allies to act to salvage the euro zone. As she said in her latest pronouncement on European policy on Tuesday: “We cannot become involved in things which will — I am firmly convinced — lead to an even bigger disaster than we have today.”
Euro 2012 : Pologne-Ukraine-Russie, les clés du match
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| Infographie : François Descheemaekere |
Philippe de Suremain est Ministre plénipotentiaire hors classe, Ambassadeur de France en Ukraine de 2002 à 2005. Pierre Verluise est docteur en géopolitique, directeur du Diploweb.com
Géopolitique de l’Ukraine. Philippe de Suremain, Ambassadeur de France en Ukraine de 2002 à 2005 répond aux questions de Pierre Verluise, directeur du Diploweb.com.
P. de Suremain met en perspective les relations Pologne - Ukraine, l’affaire Timochenko, le tropisme européen de l’Ukraine, les perspectives politiques de V. Ianoukovitch et les relations avec la Russie.
L’Euro 2012 attire l’attention sur l’Ukraine de façon polémique. Comment en est-on arrivé là ?
L’Euro 2012 repose presque sur un malentendu. La localisation de cette échéance sportive autour du ballon rond a été décidée peu après la Révolution orange en Ukraine, fin 2004. La Pologne qui avait soutenu ce processus politique a reçu le droit d’organiser l’Euro 2012. Elle a décidé de partager son organisation avec son voisin ukrainien. Un « beau geste » qui était surtout un geste géopolitique pour marquer et resserrer les liens entre les deux pays et inclure l’Ukraine dans les préoccupations et l’organisation des réseaux d’infrastructures de l’UE. Bref, il s’agissait de défendre par le biais du sport la candidature explicite mais non finalisée de l’Ukraine auprès de l’UE. Un pari audacieux qui se termine en fiasco puisque les évolutions politiques à Kiev depuis quelques années ne sont pas celles espérées à Varsovie.
Les cauchemars de Vladimir Poutine
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| Infographie : François Descheemaekere |
Des manifestations populaires débouchant sur un renversement des hommes au pouvoir, voilà ce qui crispe le Président russe. Dans le monde arabe ou ailleurs, mais surtout en Russie.
Il contrôle la police, les services secrets, la justice, les plus grandes entreprises, le parti majoritaire à la Douma, les gouverneurs des provinces, les médias audiovisuels… Vladimir Poutine vient d’être réélu à la présidence de la Russie pour six ans et il espère bien en faire douze. Il porterait ainsi à vingt-quatre ans la durée de son règne au Kremlin et dans ses dépendances. Aussi bien que Staline. Et pourtant il apparait inquiet, peu sûr de son avenir, comme si ce pouvoir presque sans contrepartie était extrêmement fragile. Son retour à la tête de l’Etat s’est traduit par une crispation immédiate de la diplomatie russe sur la scène internationale et des forces de l’ordre à l’intérieur.
La Chine hésite à faire place aux entreprises privées
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| Photo : F. Descheemaekere © |
La deuxième économie du monde traverse une mauvaise conjoncture. En guise de relance, Pékin libéralise davantage son secteur financier. Les grandes entreprises d’État gardent un accès privilégié au crédit.
Alors qu’elle semble s’installer de plus en plus durablement dans un contexte économique morose, la Chine cherche une porte de sortie. Jeudi dernier, Pékin a créé la surprise en annonçant sa première baisse des taux d’intérêt de référence depuis 2008 et en adoptant dans la foulée une mesure destinée à libéraliser en partie son secteur financier. Les banques peuvent désormais offrir à leurs clients une rémunération des dépôts jusqu’à 10 % supérieure au taux de référence déterminé par la banque centrale chinoise et proposer des crédits jusqu’à 20 % moins chers que celui-ci, alors que la limite était jusqu’ici de 10 %. Des changements considérés comme importants par les observateurs, qui prévoient un renforcement de la concurrence puisque les établissements bancaires ne pouvaient pas jusqu’à présent se différencier sur ce point. Pour autant, cette réforme ne s’attaque pas directement à un problème crucial pour l’économie chinoise : celui de la place accordée au secteur privé.
Pour un vrai printemps de l’économie verte
| Infographie : François Descheemaekere |
Par STÉPHANE HALLEGATTE, Economiste de l'environnement au Centre international de recherche sur l'environnement et le développement (Cired) et Météo-France, ELOI LAURENT OFCE, Sciences-Po, Stanford University, PATRICIA CRIFO, Université de Nanterre, Ecole polytechnique, MATTHIEU GLACHANT, Mines Paris Tech
Qu’y a-t-il de commun, en ce mois de juin, entre le rendez-vous international de Rio, le sommet de l’Union européenne sur la croissance et les élections législatives en France ? Quel est le trait d’union entre l’enjeu de la gouvernance globale, l’avenir de la construction européenne et les tensions qui parcourent le corps électoral français ? A nos yeux, ces trois échéances appellent les responsables politiques à relever enfin le défi de l’économie verte, à utiliser la contrainte environnementale comme un levier pour le développement, en favorisant l’activité économique et l’emploi, en améliorant le bien-être et en réduisant les inégalités sociales. Une véritable transition social-écologique peut nous permettre de dépasser la mondialisation à somme nulle, de sortir de la torpeur européenne et d’atténuer le malaise national.
mercredi 13 juin 2012
L'Espagne aux soins intensifs de l'hôpital financier
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| Infographie : François Descheemaekere |
Après la Grèce, l’Irlande et le Portugal, ce sont l’Espagne et l’Italie qui subissent de plein fouet les dégâts de la crise de la zone euro. De ces deux nations, laquelle est en plus mauvaise posture?
Si politiquement, l’Italie est plus mal en point que l’Espagne, économiquement, c’est cette dernière qui est la plus touchée. Mais dans la mesure où les troubles politiques sont en général préjudiciables à l’économie, les situations peuvent s’inverser. Le contexte politique de l’Espagne pourrait bien se détériorer, et l’avantage économique qu’affiche pour le moment l’Italie peut très vite s’évaporer. En tout état de cause, ces deux pays sont dans une situation de grande précarité. A l’heure actuelle, c’est l’état des banques espagnoles qui mobilise toute l’attention de l’Union européenne. Mais il n’y a pas si longtemps, on voyait déjà l’Italie privée des financements internationaux, une menace qui avait alors alarmé les Espagnols. Auparavant encore, l’Italie subissait une grave crise politique qui paralysait la prise de décisions et conduisait au remplacement de Silvio Berlusconi par Mario Monti.
Les marchés ciblent l'Italie
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| Infographie : François Descheemaekere |
Le soulagement n'aura pas duré longtemps. Le plan d'aide aux banques espagnoles vient d'être annoncé et déjà les marchés semblent douter de l'efficacité de cette mesure. En outre, l'Italie est redevenue hier la cible des investisseurs. Ses banques ont chuté en bourse et les taux d'emprunt de l'Etat ont augmenté à nouveau.
Les leaders européens ont assuré être prêts à donner jusqu'à 100 milliards d'euro pour recapitaliser les banques espagnoles. Un chiffre qui pourrait être plus bas, écrit Le Figaro : en effet, "le FMI mentionne des besoins compris entre 40 et 80 milliards d'euros". Mais alors qu'il était supposé rassurer les marchés, ce sauvetage n'a pas réussi à convaincre les investisseurs. L'optimisme du week-end s’est essoufflé pendant la journée d'hier, qui a vu la plupart des bourses européennes en baisse et celle de Milan en forte chute. L'AFP rapporte certains doutes sur le plan de sauvetage : " des sceptiques ont fait remarquer que le gouvernement espagnol avait lui aussi besoin d’un plan de sauvetage", affirme Lindsey Piegza, de FTN Financial.
Prochain domino ? ... L'Europe impréparée face à la crise qui s'aggrave
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| Infographie : François Descheemaekere |
[Spiegel Online]
The weekend announcement that Spanish banks would be bailed out briefly drove up markets around the world. But optimism was short lived. The euro crisis is rapidly intensifying and Europe is not prepared.
The Asian markets are something of a canary in the coalmine when it comes to foreseeing how the day will unfold for European and US financial markets. And on Tuesday, that canary was looking woozy indeed. After widespread investor optimism on Monday in the wake of the weekend news that Spain would receive up to €100 billion ($125 billion) in emergency aid for its wobbling banks, Tuesday has brought a return to realism. Black stock-exchange numbers have once again nudged back into the red and worries about the survival of the euro zone have returned despite the Spanish bailout. The apparent skittishness isn't surprising. Greek voters go to the polls on Sunday in an election that many believe could determine whether the country remains in the euro zone or is forced out.
Eurobonds, fonds de rédemption, eurobills : comment mutualiser la dette?
[EurActiv.fr]
François Hollande veut que les pays européens s'endette ensemble à travers les eurobonds. Mais d'autres modèles, moins connus, sont sur la table. Décryptage.
Pourquoi mutualiser la dette? Aujourd'hui, tous les pays européens empruntent de l'argent sur les marchés pour se financer. Les obligations d'Etat sont vendues à des investisseurs privés ou publiques. En général, les Etats sont considérés comme des créanciers très solvables, grâce à leur capacité de lever l'impôt. La crise qui frappe la zone euro a pourtant changé la donne. Les investisseurs doutent de la capacité de certains Etats à rembourser leur dette. Pour lever les fonds nécessaires, ils sont obligés de proposer des rendements plus importants aux investisseurs. L'Espagne, par exemple, paie plus de 6% d'intérêts sur la dette nouvellement émise. Avant la crise, ses taux avoisinaient les 4%. La dette "plus chère" pèse lourd sur les budgets des Etats. La mutualisation de la dette pourrait les soulager un peu de ce poids. Il s'agit d'émettre des obligations d'Etat garanties (entièrement ou en partie) par l'ensemble de la zone euro. Si un pays n'était plus capable de payer les intérêts ou de rembourser sa dette, les autres feraient à sa place.
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